16.07.2007

Lisez Tintin, devenez raciste !

Le second album des aventures de Tintin et Milou, Tintin au Congo, a été retiré des rayons pour enfants des librairies anglaises. Une décision polémique.  

 

La décision du Comité pour l’égalité raciale (CRE) est tombée. Du fait d’ « éléments potentiellement très choquants, […] et d'images et dialogues porteurs de préjugés racistes abominables, où les ‘indigènes sauvages’ ressemblent à des singes et parlent comme des imbéciles », cet album est retiré des rayons pour enfants et placé dans les rayons pour adultes !

 

23dee12574f457d79f5dbe386032920d.jpgIl est vrai que certaines allusions et représentations datent franchement d'un autre temps et sont profondement paternalistes (plus que racistes) et peuvent choquer si on en oublie le contexte. En effet, il faut rappeler que le Congo était la seule colonie belge et l'album a été réalisé dans les années trente, époque où la perception de l'Africain n'était pas spécialement la plus progressiste... Tintin au Congo ne doit pas être vu aujourd'hui comme un pamphlet raciste ayant pour but de laver le cerveau de nos chères petites têtes blondes. Mais plutôt comme le témoignage d’une société résolument paternaliste, la société belge - et européenne - des années 30.


 

Laisser cet album en rayon enfant ne signifie en aucun cas que l’on cautionne les idées de cette époque. A la condition que la lecture soit accompagnée par un adulte bienveillant, l’enfant peut, par un tel ouvrage, également (mieux) comprendre la problématique de la colonisation ainsi que la vision que l’européen a eu - et a parfois toujours encore - de l’Afrique et de ses habitants. Un ouvrage à « valeur documentaire ».


 

Mais aujourd'hui, il est de bon ton de se cacher notre passé peu glorieux en éliminant ses « vestiges », ses témoignages, au lieu de les affronter, les combattre et les dépasser. De Copenhague (affaire des caricatures de Mahomet) à Paris ("Je veux en finir avec la repentance" Nicolas Sarkozy au soir du 6 mai) en passant par Londres (affaire Tintin), tout doit devenir plus lisse, tout doit rentrer dans le moule du « politiquement correct » et ce, dès l'enfance. Surtout n'affrontons pas notre passé et n'en tirons pas des leçons !

 

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Le script a connu certaines modifications
 

Ceci dit, j'en conviens, une telle bande dessinée peut très bien se révéler dangereuse le jour où quelqu'un s'en inspire pour agir de manière raciste (insultes, discrimination...). Mais à l'heure actuelle, je n'ai encore jamais vu personne commettre de tels actes en prenant les aventures de Tintin et Milou comme référence ! "C'est pas d'ma faute madame le Juge, j'ai lu Tintin quand j'etais p'tit..." pourrait-on rétorquer au tribunal. 

 

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A moins que Milou soit devenu entre-temps le nouveau symbole du Ku Klux Klan anglais ?! Nous aurait-on caché la vérité ?! Ou devrait-on censurer les bons mots du Capitaine Haddock ? Pour sûr, c'est tellement vulgaire... Ou bien changer les noms des Dupont/d ? Il paraît que cela rend l'enfant dyslexique ! Voire marier Tintin ? Un jeune homme célibataire et asexué, ça rentre pas dans le moule de la famile-idéale ! Ou bien...

 


Ou bien, peut-être, pourrait-on plutôt regarder du côté des dessins animés (et des jeux videos) qui deviennent de plus en plus violents voire décérébrants et dont les jeunes enfants (donc les chaînes de télévision) raffolent... Ceux-ci pouvant, on le sait, avoir certaines conséquences dramatiques. Ah oui mais là on touche à la poule aux oeufs d'or, la Télévision. 

 

"Business is business" entend-on outre-Manche...

 

Peter Machsgut

03.07.2007

Hypocrisie quand tu les tiens...

Patrick Devedjian insulte, dans une scène coupée d’un reportage télé pour TLM, Anne-Marie Comparini, battue aux législatives par un bleu de l’UMP, et cela en devient une affaire d’Etat. Venant d’un Homme politique, se devant d’être exemplaire, notamment dans la sphère publique, ces propos sont particulièrement honteux.



Nous en conviendrons donc, de tels propos n’ont pas lieu d’être dans la vie publique, mais qu’en est-il de cette hypocrisie qui règne autour de cette « affaire » ? Suite au lourd dérapage du Président du Conseil général des Hauts-de-Seine, c’est comme si nous, quidams et médias, avions tous découvert que le monde de la politique n’est pas celui de Sylvain et Sylvette ! C’est pourtant de notoriété publique que nombres d’amabilités sont échangées dans les couloirs des bureaux politiques… Mais surtout, lorsque c’est tout l’appareil de l’Etat qui se met en alerte pour ce juron, la situation en devient risible. Les propos de Monsieur Devedjian sont honteux, mais a-t-on vraiment besoin de faire de ce « fait divers » le centre de toutes les préoccupations ? Le Gouvernement aurait-il oublié les missions que les Français leur ont confié les 6 mai et 17 juin derniers pour se concentrer sur ce juron ? Non, bien sûr.

  

Alors que veux-t-on nous prouver par tout ce remue-ménage ? Que la politique va « changer » sous l’ère Sarkozy, que de tels propos n’auront plus lieu d’être dans la sphère publique ? Très bien. Mais installez des micros dans les couloirs de l’Elysée et écoutez ce qu’il en sort… vous seriez « surpris ».

  

Les polémiques ont parfois du bon, notamment lorsqu'elles touchent des adversaires politiques. Mais lorsqu'une polémique prend des proportions ridicules, c'est toute la politique qui en prend un coup. Tonnerre de Brest !

 

Peter Machsgut

 


12.06.2007

Il est des jours où Poséidon s'en fout

La vague bleue déferle sur les côtes françaises. La tempête médiatique a fait des ravages et de nombreuses victimes sont à déplorer. A droite de la scène, un paquebot filant à toutes vapeurs. A gauche, une vague barque, prête à sombrer, où les mutineries n'ont d'égales que les trous dans la coque. Certains se jettent à l'eau pour rejoindre le grand paquebot qui les attend. Des plus valeureux, eux, s'accrochent, rament et écopent l'eau filant entre les planches de la barque. D'autres enfin attendent le meilleur moment pour prendre la barre, poignardant leurs capitaines sur leur passage. Tandis que l'UMP file tout droit vers un el dorado certain, le PS, déboussolé, est pris dans le piège de la houle et chacun attend la marée pour constater les dégats. Sur la côte, une bonne partie de la population semble ne pas s'intéresser à ce naufrage. De toute manière, tant que le paquebot apporte travail et prospérité à la région, on ne s'inquiète de rien. Peu importe sa motivation. Peu importe son équipage.
 
Tel est le tableau qui pourrait illustrer l'actuelle déroute démocratique que vit la France depuis quelques semaines. Entre ombre et lumière. Entre tempête et beau temps. La flotte UMP s'apprête à prendre tous les pouvoirs, installant ses plus fidèles matelots à la tête des grandes instances du pays.

 

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 Le Radeau de la Méduse - Théodore Géricault (1817-1918)
 

Le Parti Socialiste, lui, vogue de Charybde en Scylla. Incapable de refonder un équipage capable de s'entendre sur un trajet clair. C'est la valse au Sextant et chacun cherche à partir dans une autre direction. Chacun rame de son côté, dans une désunion rare.

Mais que valent ces mercenaires qui n'ont pas su ou voulu s'unir en faisant fî des égo et des différences ? Qui sont ces gens qui criaient au scandale, il y a quelques années, lorsqu'un vague pirate borgne s'apprêtait à prendre le pouvoir dans notre pays et qui, maintenant, ne prêtent plus attention à la tempête ? Où sont les Amerigo Vespucci et autres James Cook qui sauront faire renaître, à gauche, l'espoir d'un avenir meilleur ? Malheureusement, ces héros de la Marine sont encore bien plus présents dans les livres d'Histoire que dans le débat public.

Tout le monde sur le pont, nous partons à l'abordage ! Allons à la rencontre des courants, faisons de nos différences, notre plus beau trésor. Et de notre idéal, notre route vers des jours meilleurs. Au Diable les paquebots. Au Diable Poséidon.

 

Peter Machsgut 

23.05.2007

Quinze à leurre

La photo officielle de notre nouveau Président vient de paraître. Elle est ratée, tout le monde le sait. Mais ce qui est « amusant » , hormis la taille de Sarkozy par rapport aux drapeaux, ce sont les drapeaux eux-mêmes.
Si j’approuve totalement le fait que le Président se fasse photographier en compagnie du drapeau français et européen - c’est une première ! -, il faut savoir que ce choix ne tient pas du p’tit Nicolas mais de son photographe. Pour un Président qui se veut européen, ce petit couac tombe un peu mal.

J’ai bien peur que ce quinquennat soit placé sous le signe de l’apparence plutôt que sous le signe de l’action - quoiqu’en réfléchissant bien, vu son programme, ce ne serait peut-être pas un mal. Mais tout de même : l’« ouverture » du gouvernement est un leurre. Un peu comme les Jupettes en 1995. Et puis, qui parle vraiment d’« ouverture » ? Il y a, dans le gouvernement de François Fillon, Bernard Kouchner, dont l’appartenance politique n’est pas claire. Et Hervé Morin, de l’UDF, parti qui n’est que l’anti-chambre de l’UMP.


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Ah ça lira, ça lira, ça lira !

D’ailleurs combien de députés UDF sont restés fidèle à François Bayrou ? Cette « ouverture » ne concerne donc que deux ministres sur quinze. De plus, deux ministres à des postes où tout le monde se moque de leurs idées politiques. L'un est aux affaires étrangères, l'autre à la Défense. Autant dire que c'est pas eux qui feront de l'ombre à Fillon . Astucieux. L’ouverture aurait été pour moi de mettre un homme politique de gauche à la cohésion sociale et un autre à la santé ou aux transports. Par exemple.

Enfin, il est assez « surprenant » de voir que dans ce gouvernement, les trois quarts des ministres se présentent aux législatives. Et parmi eux, le premier, François Fillon, déclarant démissionner de son poste en cas de défaite dans sa circonscription ! Donc si Fillon perd l’élection, nous aurons droit à un nouveau gouvernement. Et deux gouvernements d’ouverture, je n’y crois pas tellement.

Cette note est insérée dans la catégorie « Spectacle politique ». Je pense pouvoir bientôt la renommer « Spectacle démocratique »…

Peter Machsgut 

05.05.2007

Nicolas, nous voilà!

Il y a quelques jours, je me suis montré trop optimiste. J'ai eu le malheur de croire que les Français avaient de l'audace. Celle de rompre avec le passé et d'engager une nouvelle politique. Malheureusement, aux vues des derniers sondages, c'est bien Nicolas Sarkozy qui l'emporterait dimanche soir. Si les raisons de son succès programmé sont aussi à voir dans les faiblesses de Ségolène Royal, l'abatage médiatique, largement en faveur de Nicolas Sarkozy, est à prendre véritablement en compte.

Ségolène Royal n'est pas la gourde que certains aimaient à décrire. Elle a largement la carrure pour être présidente de la République et son débat face à Nicolas Sarkozy l'a parfaitement montré. Sur tous les plans du débat, hormis celui sur l'économie, Ségolène Royal s'est montrée plus forte, du moins, pas moins au point que son rival. Et tout au long de sa campagne, Ségolène Royal n'a jamais été ridicule face à un Sarkozy agressif, calculateur et démagogue.

Mais lorsque je vois, à la fin du débat, que la candidate PS serre la main de PPDA et Arlette Chabot alors que Nicolas Sarkozy fait la bise à cette dernière… Lorsque je vois que le soucis de France 2, avant le débat, est de potiner sur la couleur du tailleur que portera Mme Royal et de la décrédibiliser, alors qu'on voit et parle d'un Sarkozy sérieux, entouré par ses proches collaborateurs et, surprise ?, par Patrick de Carolis… Lorsque je vois la reprise médiatique du débat télévisé largement biaisée par les appartenances politiques, quand on sait l'influence qu'a Monsieur Sarkozy sur les médias – Martin Bouygues n'est-il d'ailleurs pas patron de TF1 et parrain de son fils ?.... Enfin, lorsque je vois, à deux jours du scrutin final, qu'on annonce Nicolas Sarkozy à près de 55%, score largement gonflé, afin de décourager les derniers indécis de voter pour Ségolène Royal…. Alors je me dis que vraiment, les cartes sont biaisées, que la victoire du petit caporal est prévue, attendue et soutenue par les puissances médiatiques.
 

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Débat Royal-Sarkozy du 2 mai 2007



Vraiment, le Parti Socialiste est trop honnête pour gagner une telle élection. Le Parti Socialiste a eu le malheur d'avoir investi démocratiquement sa candidate à la présidentielle, contrairement à l'UMP, dont les primaires se sont résumées à un vote "Sarko" ou vote blanc. Le Parti Socialiste a eu l'audace de porter en avant une politique nouvelle et audacieuse. Le Parti Socialiste a eu l'honnêteté de demander à ses maires de soutenir les candidats de gauche, alors qu'à droite, on a demandé aux maires de multiplier les soutiens aux candidats adverses, afin de faire apparaître une gauche divisée face à une droite unie… Sinon comment croyez-vous que Schivardi et Bové ont eu leurs signatures, et pas Dupont Aignan ?

Vraiment, le Parti Socialiste est trop honnête. Et c'est pourquoi je me suis engagé dans ce mouvement, et c'est pourquoi mon combat, notre combat continue.


Peter Machsgut